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30 September 2022

Alternance : l’apprentissage au service de l’essor des startups ?

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Alors que l’alternance apparaît de plus en plus comme un avantage dans le parcours de formation des étudiants, ce type de contrat connaît un engouement très important depuis quelques années. Grâce aux aides proposées par l’État, de plus en plus d’entreprises sautent le pas. Une main-d’œuvre à moindre coût séduit notamment les entrepreneurs et startuppers pour qui il est souvent difficile de recruter. Ce système présente de nombreux avantages pour les jeunes et pour les sociétés, malgré quelques embuches.

Quels bénéfices pour les apprentis ?

L’alternance désigne un système de formation qui permet d’obtenir un diplôme ou une qualification professionnelle en alternant, pendant un à trois ans, périodes de travail en entreprise et périodes d’enseignement. Elle comprend : le contrat d’apprentissage et le contrat de professionnalisation. Le regard sur l’alternance a changé ces dernières années et les établissements d’enseignement supérieur sont de plus en plus nombreux à le proposer à leurs étudiants. L’avantage est évident : se former concrètement sur le terrain avec des professionnels. Une manière d’allier théorie, pratique et acquisition de nouvelles compétences. De quoi accumuler de la maturité pour se crédibiliser sur le marché du travail avant de trouver son premier emploi. Une première expérience primordiale pour être recruté. L’alternance est aussi une porte d’entrée pour obtenir un CDI au sein de l’entreprise en fin de parcours. Le choix d’une startup est une option qui séduit, car une petite structure offre plus de responsabilité, d’autonomie et des missions souvent plus diverses. La découverte d’un nouvel écosystème plus flexible que les entreprises « classiques », le dynamisme de l’entrepreneuriat et la satisfaction de prendre part à un projet innovant font aussi clairement partie des attraits des alternants pour les toutes jeunes sociétés.

Quel est l’intérêt pour les startups ?

Le principal intérêt est de pouvoir embaucher de la main-d’œuvre à faible coût. Un argument qui suffit généralement à convaincre les plus petites entreprises dont l’aspect financier est l’enjeu majeur des débuts. Destiné à relancer l’économie, le plan gouvernemental autour de l’apprentissage a contribué à faire exploser les chiffres de l’alternance en France. Pour l’employeur, le recours à l’alternance revêt plusieurs avantages. La durée des contrats permet un suivi des dossiers sur le long terme. Dans les secteurs qui peinent à recruter, il fait découvrir des métiers auxquels les jeunes n’auraient pas spontanément pensé. Une façon de transmettre ses connaissances, de modeler son équipe et de composer la dynamique d’entreprise au plus proche de ce qui est souhaité. Un nouveau collaborateur, même en alternance, c’est aussi une nouvelle expertise très bénéfique pour une entreprise à effectifs réduits. Mais ce n’est pas sans condition. Embaucher un apprenti et bénéficier de cette force de travail à bas coût implique aussi des responsabilités à ne pas négliger pour que la collaboration se passe au mieux. C’est notamment s’engager à lui procurer une continuité dans sa formation et à lui enseigner des compétences. Une tâche qui peut parfois freiner certain. En effet, il ne faut pas confondre apprentis, qui n’a donc pas terminé ses études, et salarié qualifié. Il est intéressant de noter qu’une bonne ambiance au travail est ce qui prime pour les alternants lorsqu’ils choisissent une startup. Un sondage publié début septembre par la startup HeyTeam associée à Seekube montre que pour 40% des jeunes interrogés (540 au total) le plus important est de se sentir en confiance avec ses collègues et ses managers. Viennent ensuite l’organisation du temps de travail entre l’école et l’entreprise (18 %), la charge de travail (10 %) ou encore la rémunération (9 %).

Comment l’État favorise-t-il l’alternance et quelles sont les limites ?

Longtemps considérée comme une voie de garage, l’alternance a souffert d’une mauvaise image. Conséquences : les entreprises peinaient à trouver des alternants et les étudiants à trouver des postes. Or, contrairement à ces idées reçues, les études en alternance sont exigeantes et préparent à des diplômes de niveaux CAP à bac+5. Elles conviennent donc à celles et ceux qui aiment apprendre en prise directe avec la réalité et sont prêts à s’investir. C’est sur cela que le gouvernement souhaite s’appuyer pour en faire une arme anti-chômage. Ce chantier entamé en 2018 s’appuie sur France Compétences, acteur unique de la formation professionnelle et de l’apprentissage, ainsi que sur des incitations financières pour les entreprises. Une mécanique qui fonctionne. Entre 2016 et 2021, selon le dernier rapport de la Dares (direction de l'Animation de la recherche, des Études et des Statistiques), l’apprentissage a connu une envolée spectaculaire de 152 %, passant de 290 000 contrats à 730 000 dans le secteur privé et le public. Un chiffre qui devrait encore grossir cette année et frôler les 800 000 apprentis. L’objectif : atteindre le million d’ici la fin du quinquennat. Mais cette fulgurante progression est aussi liée à l’importance des aides accordées aux entreprises. Entre 5 000 € et 8 000 € pour celles qui signent les contrats avant le 31 décembre 2022. Ce sont les petites entreprises (moins de 50 salariés), représentant 19 % de l’emploi, qui accueillent le plus d’apprentis (66 %). Tous les secteurs économiques ont recours à l’apprentissage, le principal étant celui des services (71 %). Il est suivi par l’industrie (15 %), la construction (11 %) l’agriculture et la pêche (3 %). Cependant, les chiffres très positifs de l’apprentissage sont à nuancer pour l’avenir. Dans un contexte d'explosion des dépenses publiques et de baisse du chômage, le gouvernement pourrait être tenté de faire évoluer ces aides à partir de 2023. Si selon un sondage OpinionWay pour Indeed publié en juin, les entreprises ayant déjà recouru à l’alternance sont majoritairement prêtes à renforcer ce dispositif, près de 40% d’entre elles indiquent qu’elles ne pourront plus se le permettre en cas de fin des aides.

Les difficultés à l’embauche et la lourdeur administrative.

L’alternance n’est toutefois pas complètement exempte de défauts. Les entreprises comme les jeunes dénoncent des difficultés dans les processus de recrutement et dans la gestion administrative des organismes dédiés. Annonces qui passent inaperçues, problèmes de communication avec les écoles et les organismes de formation, multiplication des interlocuteurs, complexité administrative, législation en perpétuelle évolution, manque d’accompagnement… Les démarches peuvent rapidement s’avérer décourageantes. L’enquête récente de Seekube et HeyTeam souligne plusieurs freins. 47% des alternants interrogés déclarent avoir rencontré des difficultés à obtenir un contrat. La raison ? Principalement des lenteurs administratives (42%), mais aussi la difficulté à comprendre les informations à compléter (17%) poussant même certains élèves à abandonner. Côté entreprise, le premier frein est le même que pour les apprentis : la gestion des contrats est jugée trop complexe et les trop nombreux interlocuteurs conduisent parfois à l’annulation des contrats. Les sociétés disposent en théorie d’un réseau d’acteurs-conseils pour les informer et les orienter dans leur démarche de recrutement en alternance : les OPCO (Opérateurs de Compétences), le réseau des « Point A » développé par les CCI (Chambres de Commerce et d’Industrie), les chambres consulaires, les missions locales, les PAIO (Permanences d’Accueil, d’Information et d’Orientation) ou encore Pôle Emploi. Mais face à tous ces acteurs, s’y retrouver semble parfois compliqué. S’il souhaite continuer de promouvoir les contrats d’alternances pour pousser le développement des petites entreprises et favoriser l’emploi, l’État devra prendre en compte le rôle crucial des aides financières et devra simplifier ses méandres administratifs.

L’accompagnement du Catalyseur et de ses partenaires.

Les startups ont de plus en plus recours à l’alternance pour venir compléter leurs équipes à moindre coût et leur permettre, ainsi, d’accélérer leurs développements. Pour les aider en ce sens, le Catalyseur et ses partenaires organisent plusieurs temps forts dans l’année destinés à faciliter le recrutement des alternants en entreprise (jobdating, forum, diffusion de profils qualifiés aux responsables incubateurs/accélérateurs…).

La dernière session de matching sur cette thématique a rencontré un franc succès. Le format est simple, les startups en recherche de profils qualifiés ont un stand au Catalyseur tout au long de la journée et les jeunes en recherche d’alternances viennent les rencontrer afin de comprendre leurs solutions et leurs besoins. Le territoire POLD possède un tissu académique extrêmement riche et ce type d’évènements permettent de fédérer l’ensemble des acteurs présents dans l’écosystème autour de cette thématique. Retrouvez les acteurs académiques du territoire.

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