18 January 2024
La complémentarité des fonds publics et privés pour le financement des startups
Pour tout créateur d'entreprise, la quête de financements peut rapidement s'apparenter au parcours du combattant. Il est parfois difficile d’appréhender les solutions et les acteurs qui les composent, qu’ils s’agissent de fonds privés ou publics. Pourtant, chaque entreprise passe par cette étape, que ce soit pour lancer et développer un concept innovant ou pour scaler et internationaliser sa startup. L’objectif du Catalyseur de l’innovation et de l’entrepreneuriat est de simplifier ce passage et de proposer des ressources pour découvrir les milliers de dispositifs publics qui existent en fonction de votre projet et de son stade de maturité. Les prêts d’honneur, les subventions, les prêts garantis par l’État ou les crédits d’impôt sont tout autant des possibilités pour obtenir un financement public, mais il existe des dispositifs privés comme les levées de fonds, les business angels, le crowdfunding ou la love money. Au cours de leur phase de développement, chaque startup se finance grâce à des fonds publics et privés. Pour mieux appréhender le sujet, le forum Financement du territoire de Paris Ouest La Défense (POLD) est organisé le 23 janvier au Neuilly Lab. Afin de comprendre les enjeux du financement, les Biens en communs, coup de cœur du prix de l’innovation POLD en 2023, démontrent, par exemple, la complémentarité du financement public et privé pour une entreprise.
Comment financer son entreprise ?
Pour le financement public, de nombreux dispositifs existent comme les crédits d’impôt, les prêts d’honneurs, les subventions ou les crédits d’impôt. Tous les financements ne correspondent pas à toutes les entreprises puisqu’ils sont segmentés par secteur d’activité, niveau de maturité et objectifs de développement. La viabilité du projet et la situation économique de la jeune pousse font également partie de ces critères. Par ce biais, les organismes publics soutiennent les startups et travaillent ainsi à développer l’économie locale, la création d’emplois ou le rayonnement du territoire à travers ces initiatives. Des sujets qui tiennent particulièrement à cœur à Paris Ouest La Défense qui s’engage dans ces domaines, comme avec l’organisation d’une journée de l’économie circulaire et de la transition alimentaire.
Que ce soit privé ou public, les demandes de financement doivent laisser transparaître un projet clair avec des objectifs d’avenir pour l’entreprise. Les aides publiques ne suffisent généralement pas à financer seules un projet. Il s’avère donc nécessaire de bien cibler les aides adaptées, car il existe en France entre 3000 et 4000 aides directes ou indirectes. Pour vous aider dans votre quête de renseignements, Le Catalyseur propose un moteur de recherche des financements publics où près de 2000 possibilités sont régulièrement mise à jour.
Pour le financement privé, la recherche d’investisseurs est indispensable. Malgré l’apport des créateurs, la startup a d’autres options comme la levée de fonds, les business angels ou la love money. L’utilisation de fonds privés et de fonds publics est complémentaire pour la croissance de l’entreprise. Une augmentation de capital grâce à une levée de fonds, par exemple, peut permettre au projet de créer un effet de levier pour bénéficier d’une aide plus conséquente par les organismes financeurs. À l’inverse, les investisseurs privés seront davantage intéressés par un projet qui est soutenu par des aides publiques. Les entreprises doivent donc construire leur projet pour que son financement s’adapte au mieux à ses attentes.
L’exemple des Biens en commun
De nombreuses entreprises sont aidées dans leur financement par le privé et le public. L’un des exemples est les Biens en communs. L’entreprise propose un service de location d’équipements du quotidien via des casiers connectés dans les lieux de vie. Yann Lemoine, fondateur et président, résume le concept : « Nous voulons créer le Vélib des équipements du quotidien, c'est-à-dire des bornes à disposition et une application qui permettent aux gens de réserver et de louer leur aspirateur, leur perceuse, leur appareil à raclette, etc. » Lancés en 2019, Les Biens en commun comptent déjà 16 installations et plus de 250 locations par mois.
Une belle avancée qui permet de démontrer que le projet est viable : « Pour l'instant, les retours sont très positifs, signale Yann Lemoine. Au-delà de la question du nombre, on a eu zéro vol et zéro dégradation, les gens sont respectueux. C'est un super point parce qu'au début de l'aventure, on a pu me dire que le concept était génial, mais peut-être moins adapté pour la France. » Les Biens en communs est une entreprise de l’économie sociale et solidaire (ESS), un statut qui est bénéfique pour la recherche de subventions et d’investisseurs d’après Yann Lemoine : « Le fait que nous ayons le statut ESS plaît à tout le monde. Depuis que je me suis lancé, je n’ai pas rencontré une personne qui m'a dit que le projet ne faisait pas sens. »
Désignés Coup de cœur dans la catégorie ville durable lors du prix de l’innovation POLD 2023, les Biens en commun ont pu entamer des discussions avec l’équipe du Catalyseur pour échanger sur l’avenir et les projets à mettre en place. Paris Ouest La Défense s’investit d’ailleurs dans l’ESS, en témoigne les actions mises en place dans ses villes pour la lutte anti-gaspillage, la gestion des biodéchets ou l’agriculture urbaine. Pour Yann Lemoine, son entreprise atteindra tout son potentiel avec l’implication des collectivités et des pouvoirs publics. Une ambition confortée par la distinction au Prix de l'innovation POLD qui permettra aux Biens en commun d’être en lien avec les élus et de montrer que le concept développé par la startup fait sens sur un territoire dense comme celui de Paris Ouest La Défense. L’objectif reste d’atteindre les 200 installations pour être rentable économiquement. Avant de pouvoir atteindre ce seuil, les Biens en commun ont encore besoin de financement.
Un financement pour continuer son développement
Les Biens en commun sont passés à l’étape suivante avec le lancement d’une levée de fonds. Il aura fallu une partie de l’année 2023 pour convaincre les investisseurs avant de pouvoir réemprunter en parallèle. L’entreprise est en passe de récupérer 1,1 million d’euros pour régler les dettes de la première phase de développement et atteindre la rentabilité d’ici deux ans.
Avant cette levée de fonds, l’entreprise avait obtenu des prêts d’honneur, des prêts bancaires et un financement de la Banque Publique d'Investissement (BPI) à hauteur de 300 000 euros. Yann Lemoine résume les étapes de son financement en 2021 : « Mon POC (Preuve du concept) a été financé par une bourse French Tech, c'est une subvention que la BPI octroie pour des projets innovants. Ils avancent 70 % et ma première cliente a payé le reste du projet. Ensuite, les 300 000 euros étaient des prêts ou des avances remboursables. La BPI propose un prêt à taux zéro, avec un différé de deux ou trois ans. »
L’entreprise d’ESS a également perçu une subvention de 30 000 euros de la part d’Ecosystem, un éco-organisme qui gère la collecte, le traitement et le recyclage des déchets électriques et électroniques en France. Yann Lemoine a également pu bénéficier d’un prêt d’honneur du réseau Entreprendre : « Le prêt est fait à mon nom et me permet de l’apporter à l’entreprise pour augmenter nos fonds propres. Il est à taux zéro et si jamais l'entrepreneur n'arrive pas à rembourser le prêt d'honneur, je n’ai pas mis de caution personnelle. » Un dispositif qui lui a également permis d’emprunter à la BPI avec des fonds propres assez importants.
Pour d’autres domaines d’activités, il existe également des subventions qui s’adressent à des initiatives spécifiques comme l’Agence de l’innovation de défense, l’Agence de la transition écologique (Ademe) ou l’Union européenne. Pour ceux qui ne savent pas par où commencer, des cabinets spécialisés accompagnent les entreprises dans leurs démarches pour augmenter leurs chances. Pour construire son dossier, les accélérateurs, les incubateurs ou les écosystèmes, comme le Catalyseur, restent des sources primordiales pour rechercher les informations et ainsi trouver les bonnes structures et les bons dispositifs. De son côté, Le Catalyseur oriente principalement les startups de moins de deux ans vers des financements publics comme la Région Île-de-France, la BPI France, France Active Métropole, le Réseau Entreprendre 92 et la CCI. Lorsqu’elles sont plus matures, Le Catalyseur leur propose un réseau d’acteurs pour les guider dans cette recherche d’investissements privés comme les levées de fonds ou les business angels. Des renseignements avantageux que vous pouvez notamment retrouver sur le moteur de recherche consacré aux financements publics sur la plateforme numérique du Catalyseur.
Autres actualités
09 février 2025
ETICS : L’innovation Circulaire et Solidaire au cœur de POLD
31 janvier 2025